Séminaire de l’école des écarts
Le rapport de soi à l’autre / 24-25-26 avril 2026, Chirol (07)
Exercer son pouvoir à l’école de la vie
« Nous croyons par tradition au sujet des dieux, et nous voyons par expérience au sujet des hommes que toujours, par une nécessité de nature, tout être exerce tout le pouvoir dont il dispose.
(Thucydide)
Ne pas exercer tout le pouvoir dont on dispose, c’est supporter le vide. Cela est contraire à toutes les lois de la nature : la grâce seule le peut.
(Simone Weil)
Dans l’espace qu’ouvre à chaque soi l’événement du rapport à l’autre, le pouvoir se rend présent.
Des mythes (ex : voir Genèse) situent dès l’origine du monde homme et femme en rapport de pouvoir. Traits de tempérament … force, séduction, influence … exercice du libre arbitre : des clés du pouvoir ?
Le pouvoir, c’est à la fois :
- la possibilité d’agir
- la puissance qu’on exerce
- l’autorité à laquelle on est soumis
- l’autorité à laquelle on se soumet.
Pouvoirs solos, duos, équipes … peuples …
- Les travaux de J-F du Mérac sur les tendances du comportement individuel et collectif ;
- Les travaux de René Girard sur le désir mimétique et le mécanisme victimaire en société.
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Des lois du pouvoir en intergénération ? « Si jeunesse savait, si vieillesse pouvait … »
La plupart des cultures et civilisations sont fondées sur le patriarcat (et le patriarcalisme, son abus). Les plus anciens sont souvent détenteurs du pouvoir et du patrimoine. Les plus jeunes en dépendent. On peut relier cet état de fait à l’exercice de la parentalité : l’enfant (« infans » = qui n’a pas la parole) est soumis à l’autorité des parents. Mais devenu adulte, son émancipation sociale ne s’accompagne pas toujours d’une émancipation psychique. Indicateur : le maintien des appellations "papa-maman" et l’interdit qui se dresse à l’idée (et plus encore à l’action) de nommer ses parents par leur prénom.
Or, contribuer au service de la vie pour plus de bien appelle à renouveler certains savoirs et pratiques. On est invité à chaque génération à reconnaître la portée et la valeur d’une loi plus profonde, opposée à l’ancestralisme. Cette loi contre-intuitive commande au plus ancien de s’ordonner au plus jeune …
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Le pouvoir en conscience du serviteur
Malgré les abus de pouvoir à tous les échelons des sociétés humaines (de la famille à la nation), monte dans la conscience collective la conviction qu’un pouvoir juste doit s’exercer comme un service de bien commun, et non comme un acte de captation /prédation, fût-il encadré par des lois.
D’où l’importance de distinguer le pouvoir que l’on prend et le pouvoir que l’on reçoit, celui que l’on accepte sur la base d’un appel. On est nommé à tel grade, on se voit attribuer telle tâche, on nous confie telle fonction … ou bien on décide de tout faire pour s’en emparer ? La pré-campagne présidentielle française met en évidence que cette façon de considérer le pouvoir le pervertit en dissolvant sa finalité dans des passions égocentrées. Et avec nos proches, dans nos associations, etc ?
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