Séminaire de l’école des écarts
Le rapport de soi à l’autre / 24-25-26 avril 2026, Chirol (07)
Hommes-femmes, quels pouvoirs conjugués ?
« Je suis contre les femmes, tout contre »
(Sacha Guitry, Faisons un rêve)
Dans le rapport à l’autre, les situations de coopération /confrontation/rejointe entre homme et femme occupent une place singulière. En particulier pour les dynamiques du couple conjugal et de la famille. Mais la distinction « homme – femme » opère aussi dans la société et le monde du travail. Avec des égalités et inégalités à l’œuvre.
Hommes … femmes … des personnes d’abord
Il n’y a qu’un genre humain …
Or, reconnaître l’égalité en droits et en dignité de l’homme et de la femme est un processus toujours en chemin. Patriarcat dominant, mœurs religieuses, organisation du travail concourent à la discrimination homme-femme.
La formation des mots elle-même est significative : « homme » vient du latin « hominis » qui signifie à la fois « être humain » et « être humain de sexe masculin ». « Femme » est issu de « femina » : femelle … puis femme, épouse. L’Homme (grand H) englobe l’humanité, homme/femme. Le masculin "l’emporte" sur le féminin en grammaire …
La condition de personne humaine, avec tous les droits rattachés, résulte d’une conquête lente toujours en cours. Quel que soit son sexe, un humain est une personne. Et pourtant, droit de vote, droit à la liberté, à l’éducation, au travail, etc. sont inégalement distribués. Comment vivre le rapport de soi à l’autre, si l’autre n’est pas émancipé ?
(…)
Composition du masculin-féminin en chacun
Les recherches de J-F du Mérac sur le tempérament personnel ont mis en évidence un lien entre les tendances fibriques de comportement et l’image masculino-féminine qui s’en dégage. Chaque trait de comportement repérable porte en lui un facteur de masculinité ou de féminité, si bien qu’un type comportemental donné (généré par l’association de plusieurs traits) fait émerger une image plutôt masculine ou plutôt féminine, indépendamment de la sexuation de la personne.
On peut, avec l’outil de représentation des tendances de comportement (tableau configuratif « trait-type-profil ») se faire une idée :
- de l’archétype (et « des armes ») du pouvoir masculin (ex : l’obstruction, la distanciation, la relativisation, le contrôle, la détermination …)
- et de l’archétype (et « des armes ») du pouvoir féminin (ex : la rétention, la mise en tension, l’application, la spontanéité, la manœuvre …)
Sachant que ces figures à dominante masculine ou féminine sont réparties en chaque homme et chaque femme.
Pour celles et ceux que ça intéresse, un zoom est proposé (p. 2) sur la formation des images masculino-féminines.
Et en couples, familles, amis, associés ?
Question centrale des pouvoirs conjugués de l’homme et de la femme coopérant au service de la vie … coopération dont nous sommes tous issus !
Confrontations au quotidien des pouvoirs dans le couple (ou dans les duos) … et issues à trouver : à chacun son espace pour se réaliser, des prises de distance salubres pour éviter le conflit, etc. Forces et limites de chacun dans les rapports au rapproché … Quel témoignage pour moi ? Pour vous ? …
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Femme, homme, et tous au masculin-féminin
Qu’est-ce qui justifie d’attribuer à un trait comportemental donné une image féminine ou masculine ? Cela tient à l’existence d’archétypes construits au fil de l’histoire humaine. Il y a en effet une correspondance statistique souple qui peut être faite, dans une population donnée, entre la sexuation et des tendances de comportement. Par exemple, l’homme (considéré dans son ensemble) a un potentiel d’agressivité plus fort que celui de la femme. La sensation primitive (inconscient collectif ?) qui relie le genre (masculin/féminin) à des traits de comportement typiques, a servi de point de départ à la construction psychologique d’images appelées « archétypes ».
Il y aurait donc un archétype masculin et un archétype féminin portés par certains profils-types de comportement. Mais la plupart du temps, le tempérament d’une personne traduit une composition de genre masculino-féminine.
Une hypothèse se dégage de la recherche sur les comportements humains tendanciels, bases du tempérament : le genre de tout individu est un genre masculino-féminin. Nous composons en nous et du masculin et du féminin.
Cette approche conduit à ne pas surdéterminer les personnes dans leur condition sexuée d’homme ou de femme.
Elle permet de considérer le rapport de forces entre soi et l’autre, autrement qu’en opposition masculin-féminin.
L’outil ci-dessous permet un chiffrage des points de masculinité / féminité attachés à chaque trait, type et profil.

Contribution Albert Fandos
